Le moment de doute

14 minutes

Salut à toi, homo sapiens sapiens.

 

La ptite intro

As tu déjà entamé un projet ?

As tu déjà abandonné un projet ?

As tu répondu oui aux deux questions précédentes ?

Et du coup, aux trois questions précédentes ?

Et du coup… Ok j’arrête.

 

Si oui, je pense que tu as cotoyé ce que j’appelle le moment de doute. C’est LE moment dans le projet, ou la motivation tombe presque à 0, ou tout semble insurmontable, et ou, bien souvent, on abandonne.

 

Pour bien comprendre cette phase, il faut connaître le découpage classique d’un projet, quel qu’il soit. Et pour bien comprendre ça, rien ne vaut un petit schéma.

Alors, prêt pour un paint bien moche ?

 

BIIIM

“Oula, oui c’est moche… Pourquoi tu parles de connaissance en fait, c’est quoi le lien?”

 

Minute papillon ! On s’agite pas, et on me laisse expliquer. Tu poseras tes questions à la fin ;).

Commençons par le début. Oui c’est moche, mais j’avais besoin d’un support rapide pour expliquer deux ou trois choses, et ça fera bien l’affaire.

Un projet ça se découpe en 4 phases majeures. Que je vais appeler, simplement : “Le début”, “La mise en place”, “Le moment de doute”, le “Yeaaaah”. Attention l’utilisation de ces termes vous coûtera des royalties. Ils sont le fruit d’une recherche personnelle de plus de 4 décennies et..

Décortiquons tout ça.

 

Le début

Le début du projet, c’est cette période géniale (en tout cas que moi j’adore), ou on imagine la solution finie. On ne voit encore aucune des problématiques qui vont se poser. La motivation est à son comble. Tout va pour le mieux.

Prenons un exemple concret pour illustrer ça au mieux. Disons que vous avez pour projet de…. Construire une maison. Ou la retaper.

Cette phase, c’est la phase ou vous regardez cette vieille batisse, en y projettant vos barbecues, et autres parties de molki. Ici il y aura la chambre des enfants, ici, le bureau de papa, et là, la cuisine de maman. (oui oui amies féministes, je troll… C’est bon pour le buzz…). Dehors, on mettra un abri, comme ça, même quand il pleuvra, on pourra manger dehors.

La vision de ce projet terminé booste la motivation. Et c’est cette même motivation débordante qui fait que vous vous lancez !

On a une vague idée de combien de temps ça va nous prendre, et on se rend à peu près compte de ce qu’il va falloir qu’on apprenne à faire (faire couler des dalles de béton, plomberie, électricité etc etc..), du moins, c’est ce que vous pensez

Ce que j’appelle connaissance sur le graphe, c’est justement la visualisation de ce que vous devez faire. Au départ, vous avez une vague idée (qui dépend de combien de fois vous avez fait ce genre de projet), puis au fil du temps, cette connaissance va grimper. C’est ce que j’appelle la mise en place.

 

La mise en place

Vous avez acheté le terrain. Vous suivez des tutos youtube, pour essayer de comprendre comment faire telle ou telle chose. On commence à vous parler de choses que vous n’aviez pas anticipé. Il faut passer beaucoup de temps à demander des permis de construire. Le choix des matériaux est en fait hyper chronophage. A chaque fois que vous faites un pas en avant vous découvrez de nouvelles choses à faire. Des choses dont vous n’aviez pas connaissance avant. Et au fur et à mesure que cette connaissance grandit, la motivation diminue. Petit à petit. Il n’y a plus l’engouement du début.

La c’est sûr, vous êtes prêts à rentrer dans le “moment de doute”.

 

Le moment de doute

Bienvenue dans ce moment magique. Bienvenue dans ce moment qui a bouffé 99% des projets de cette planète. Bienvenue dans cette phase qui fait partir les gens en dépression, qui provoque les échecs. Ce moment, quand il arrive, est une étape très difficile.

La motivation du début est très loin. D’ailleurs ça fait tellement longtemps que vous vous projetez dans votre rêve que vous ne voyez plus que le gouffre entre vous et le projet fini. Et, c’est même encore pire. Plus vous avancez, et plus le but semble s’éloigner.

Votre connaissance s’est extrêmement élargie, et maintenant, vous voyez un ensemble de murs entre vous et votre projet. Vous avez passé les dernières semaines, mois, ou parfois années à vivre une descente aux enfers. Votre motivation qui baisse chaque jour un peu plus, vous laisse à penser que si ça continue comme ça, c’est votre intégrité qui en prendra un coup. Vous commencez à devenir tendu dès qu’on vous parle de ce projet. Vous ne voyez plus que les difficultés, qui semblent grandir avec le temps. Vous n’avez plus qu’une envie… Tout laisser tomber. Raser cette ruine, et vendre le terrain au prix coûtant, et vous mettre en location d’appartement dans la banlieue de Limoges.

Mais si vous n’abandonnez pas, vous passez à la phase du “Yeaaaah”

 

Le yeaaaah

Vous êtes sorti vivant du moment de doute ? Parfait. Vous pouvez ENFIN récolter les fruits de vos sacrifices. Vous êtes sur la finalisation. Vous avez réussi à vous dépatouiller de toutes les problématiques. Vous vous rendez même compte que certaines difficultés que vous aviez anticipé n’en seront en fait pas. (Votre collègue qui vient vous montrer comment on refait une électricité, votre voisin qui vous construit votre abri, le maire qui vous signe le permis pour la piscine sans demander de justificatifs sur les 30 dernières années.

Ca y est, vous avez repris le contrôle des choses. Maintenant, entre 2 couches de peintures, vous pouvez déjà prendre le café en terrasse. C’est presque fait. Vous ne lâcherez pas à ce moment là. Vous avez réussi. Félicitation. 🙂

 

Le moment de doute, positif ou négatif ?

Je sais, vous allez me dire “négatif ! Evidemment !”. Et pourtant, pas toujours. Parfois, votre enthousiasme du début à pu masquer de vraies problématiques. Un marché inexistant, une clientèle absente, des fonds insuffisants etc etc..

Le moment de doute, c’est aussi la sélection naturelle des projets. C’est aussi à ce moment là que vous remettez en question votre rêve. “Est ce que c’est vraiment ça mon rêve finalement? Parce que je n’avais pas envisagé ça, ça, ça…”.

Abandonner à ce moment là, ça peut vous faire gagner un temps précieux, que vous pouvez utiliser sur le projet d’après. D’ailleurs dans ces moments de doutes, c’est souvent là que la motivation est à son comble… pour un autre projet ! 🙂

 

Des façons de s’y préparer ?

Oui, et comme d’habitude, je vais vous parler de mon expérience. Y a du « à prendre« , y a du « à laisser« .

Déjà, il ne faut pas être dans le déni. En début de projet, on a l’impression que notre passion sera éternelle, et qu’on peut affronter n’importe quoi. On est tellement porté par cette motivation qu’on pourrait être tenté de se dire “ce coup ci, il n’y aura pas de moment de doute”. FAUX ! Croyez moi, (ou mieux, ne me croyez pas, et testez), il y a toujours un moment de doutes. Il peut être plus ou moins fort, mais il est bien là. Donc, mon premier conseil, c’est d’accepter.

Ensuite, il faut connaître cette phase. Plus vous l’aurez affronté, et plus vous serez fort. Pour ceux qui ont joué, ou jouent au jeux vidéos, le moment de doute, c’est un boss final. La première fois que vous vous retrouvez devant, échec cuisant. Vous prenez votre claque, vous recommencez à la dernière sauvegarde, et vous passez le chemin à vous demander comment pour pouvez esquiver ce “Ultima” qui vous tue en un coup.

Cette période, semble insurmontable. Surtout qu’à l’inverse d’un boss ou d’un film, dans la vraie vie véritable, la musique ne change pas. Vous ne savez pas ce qui vous arrive. Vous pensez simplement que vous êtes moins motivé. Donc, cette phase, plus vous l’aurez vu, et plus vous comprendrez comment jouent ses mécanismes sur vous.

Et pour finir, il ne faut pas avoir peur de renoncer, ou au moins, de temporiser. Vous êtes bon. Si vous en êtes arrivé à douter, c’est que vous faites des choses, c’est que vous vous êtes lancé. Mais peut être simplement que vous n’êtes pas prêt à affronter ça. Vous pouvez tout simplement abandonner ce rêve. Ou le remettre à plus tard. Pour certains projets, c’est tout à fait possible de le mettre en pause quelques temps. Pendant ce temps, vous reboostez votre motivation, sur un autre projet. Vous prenez une semaine de vacances. Un mois. Un an s’il faut. Et en revenant la dessus, vos idées auront mûri, vous aurez grandi. Et potentiellement, votre motivation sera à son comble.

Je vous conseille tout de même de choisir à ce moment là ce que vous allez faire. Abandonner complètement, ou faire une pause. Si vous abandonnez, ne culpabilisez pas, et essayer plutôt de réfléchir à ce que vous avez appris. Parce que ça vous sera utile dans d’autres projets. Et trouvez vous un autre projet, justement. Il n’y a pas d’échec non constructif, voir l’article la dessus. Et si vous reportez, je vous conseille de vous donner rendez vous. Vous planifiez un rendez vous avec vous même, ou avec vos associés, tel jour, telle heure, pour discuter de l’avenir du projet. Avec ça, pour pouvez prendre une vraie décision, reprendre, ou passer à autre chose s’il le faut.

 

Un petit mot en plus ?

Oui, toujours un petit mot en plus. Surtout quand c’est pour parler de moi.

“Oh naaaaaaan mais qui l’a relancé, c’est pas vrai, il allait nous dire son fameux merci de m’avoir lu, commentez si vous voulez, partagez sur les réseaux sociaux, même si nous on a pas envie etc etc…”

Bon j’ai compris le message, je vous la fais courte. J’ai un esprit rêveur. Très rêveur. Si j’apprends à jongler, je me vois en train de donner des cours de relaxation basés la dessus. Quand je fais mes e-liquides, je ne peux pas m’empêcher de me voir monter une marque et faire un carton avec ça ! Quand j’écris quelques articles de blog, je ne peux m’empêcher de me voir donner des TED talks, ou faire du coaching. Je ne peux pas m’en empêcher. J’ai des rêves énormes. Et même si ça rend ce moment de doute très costaud, ça a aussi un autre avantage. Reprenons la construction de la maison.

Pour une personne normale, son objectif, ça sera de construire une maison.

Avec ma folie des grandeurs, si je me lance dans un truc comme ça, c’est construire la maison, en faire un gite, puis profiter de l’argent récupéré pour monter un second gite etc…

Les étapes sont les suivantes :

  1. Construction de la maison
  2. Le gite (tout ce qui va être, construction de l’offre, site internet, réseautage, forme juridique de l’entreprise etc..)
  3. Construction de nouvelles maisons.

Au fur et à mesure du projet, je vais avoir des doutes, je vais voir les difficultés. Justement pas de clients, ou autres. Sur un projet de cette envergure, votre chute de motivation va se produire plus tard. Et donc, même si j’abandonne, j’aurais au moins ma maison.

C’est comme de partir pour une rando de 10km, ou de 40km. Il y a dans les deux cas un moment ou vous allez douter, voire abandonner. Un moment où ca sera un peu plus dur. Mais sur le 40km, ça arrivera sans doute après les 10 premiers km.

Juste pour vous dire qu’il ne faut pas s’empêcher de rêver. Le tout étant de bien gérer l’échec derrière. Parce que de grands rêves impliquent de grandes respons… de gros échecs.

 

merci de m’avoir lu, commentez si vous voulez, partagez sur les réseaux sociaux, même si nous on a pas envie etc etc…

Raph

Life-onaute assumé. "S'améliorer soi-même pour changer le monde". Oui, rien que ça.

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C'est dur d'être le premier... Mais vas y, ose !

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