Agir agir agir

9 minutes

Salut à toi, crevette !

 

Récemment, j’ai discuté avec un jeune, qui me rappelle beaucoup moi quand j’étais jeune. Au moins dans son approche créative, et son envie de se sortir de la vie que la société nous offre (le schéma école, boulot, retraite).

 

Et, à son âge, j’aurais aimé que quelqu’un me donne quelques conseils sur les erreurs qu’on commet facilement, et celles qu’on peut éviter.

 

L’idée qui va me rendre riche.

J’ai passé une grande partie de ma jeunesse, disons depuis mes 7 ou 8 ans, à chercher l’idée qui allait me rendre riche.

Petit, je pensais à des prototypes d’objets qui pourraient fonctionner, et être utiles.

Un peu plus vieux, avec l’arrivée d’internet (oui oui je suis vieux…), ce sont des idées de site web qui venaient en nombre.

Encore plus vieux, les applications.

Toujours avec la même idée. “Un jour, je vais trouver l’idée géniale, je la ferai, elle fonctionnera, je serai riche, et je sortirai du système actuel”.

 

L’erreur.

Avec le recul, je me rends compte que j’ai fait une grosse erreur. Et mon approche a considérablement changé depuis. Mon erreur a été de penser qu’il fallait que je trouve la bonne idée pour la faire.

En fait, dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça. Des bonnes idées, il y en a plein. Je n’ai pas le monopole de la bonne idée (Et toi non plus d’ailleurs). Par contre, des gens qui vont réaliser cette idée, il n’y en a pas tant que ça.

L’erreur c’est qu’en raisonnant comme ça, on passe notre vie à attendre.

 

C’est quoi une bonne idée ?

En vieillissant, les idées qu’on peut avoir sont de meilleures en meilleures. Parce qu’on ne cherche plus seulement une idée géniale, mais on se pose aussi des questions du type “comment je monétise ça”, “quelle est la logistique associée” etc etc… Du coup les bonnes idées sont celles qui passent les filtres de la rentabilité, et de la faisabilité.

Mais le fait que les idées s’améliorent petit à petit créé un biais gênant.

A quel moment une idée est suffisamment bien pour que je la développe ?

Si à 20 ans, j’avais eu des idées comme j’ai aujourd’hui, j’aurais sauté dessus, et j’aurais remonté mes manches.

Mais aujourd’hui, ces idées sont juste un peu meilleures que celles que j’ai eu hier, et il n’y a pas un gap suffisant pour se lancer.

Du coup, j’attends encore “L’Idée”.

On parlera bientôt de cette « sélection » des idées.

 

Le darwinisme.

Jouons à un petit jeu.

tu es Dieu (ouah la chaaance !). Il y a 10 milliard d’années. (ouah t’es vieuuux!)

Et je te demande de créer une espèce, qui sera une des espèces dominantes dans 10 milliards d’année.

Tu vas sans doute réfléchir beaucoup. Essayer de peser les pour les contres. Des griffes? Une carapace? Un cerveau ? Juste un petit virus ?

Tu peux réfléchir pendant des siècles avant de trouver l’espèce qui gagnera. Et tu te tromperas surement. (Qui aurait misé sur les humains fragiles, les rats moches, les fourmis si faibles, ou les virus si petits, face à un t-rex ?) 

Ce que vous avez tout intérêt à faire, c’est de créer plein d’espèces différentes, de les jeter sur une planète, et voir au fil du temps, lesquelles restent en vie.

Hé bien, aujourd’hui, avec vos idées, l’approche doit être la même.

 

Agir, faire, modifier, démolir, abandonner, agir, agir, faire, agir.

Voilà où je voulais en venir. (Oui oui, il m’a fallu le temps, mais j’y suis… Et puis, on est bien là tous ensemble nan ?)

Tant que vous réfléchissez à la bonne idée, vous mettez de côté toutes les idées qui sont sympas, mais pas tip top. Et c’est très dommage… Parce que vous ne savez pas quelle idée va fonctionner ou pas.

J’ai eu l’exemple avec les applications que j’ai développées. J’ai mis 2 ans à peaufiner une application de quizz capitales, avec un algorithme qui vous pose la bonne question au bon moment. Beaucoup de papier gratté. Beaucoup de lectures sur les méthode d’apprentissage, sur la mémoire etc etc…

Le résultat ? L’application qui a le mieux fonctionné est une appli avec un gros bouton qu’on clique le plus de fois possible, que j’ai développée en moins d’une semaine.

Tout ça pour dire quoi ? Qu’il faut toujours avoir au moins un projet en cours.

 

Mais à quoi bon, si ça ne marche pas ?

En essayant de développer vos idées, vous allez avoir un certain nombre de déchets. Certaines de vos idées finiront à la poubelle. Certaines auront un début de succès, mais rien de fou.

Mais ce n’est pas du temps de perdu. Vous allez apprendre des choses. Vous allez acquérir des compétences sur comment développer un projet, sur comment communiquer, vous allez vous construire une communauté, vous allez prendre l’habitude de FAIRE.

Parce qu’avoir une idée, en fait, c’est la partie facile. Développer son idée, c’est là qu’on passe par toutes les phases de baisse de motivation, toutes les prises de têtes. C’est là qu’on se rend compte que préparer un business plan pour aller à la banque, c’est compliqué. C’est là qu’on se rend compte que trouver un développeur pour faire une appli, c’est pas juste comme se faire livrer un japonais. C’est là qu’on se rend compte qu’on ne peut pas s’associer avec n’importe qui. C’est là qu’on se rend compte que faire un planning, c’est pas inné, ça s’apprend. D’ailleurs, tout s’apprend. Vaut mieux l’apprendre tant que c’est pas notre idée en or qui en fait les frais ;).

Et penser que parce qu’on a trouvé l’idée géniale, on restera forcément motivé face à tout ça est une lourde erreur.

 

Mieux vaut tout plein de “peu chance”, qu’un seul “peut être”.

Pour illustrer mon propos, prenons des exemples, avec des chiffres.

« Oh naaaan… » Oh si 🙂

Disons qu’une idée moyenne ait 5% de chances d’arriver à un succès. Et disons qu’une idée géniale à 50% de chances d’arriver à un succès. (Parce que l’erreur c’est de penser qu’on est à 100% sur une idée géniale)

On sent bien que si on fait suffisamment de fois une idée moyenne, on a plus de chance de réussir.

Et en plus de ça, l’expérience que vous aurez accumulé avec toutes vos idées moyennes vous aidera à transformer le 50% en 70% le jour ou cette idée se présentera.

 

Penser qu’il faut attendre la bonne idée pour se lancer, c’est un peu comme d’attendre de rencontrer la femme de sa vie, pour commencer à parler aux femmes. 😀

Personne n’imagine que c’est la bonne façon de faire. Pour les idées, c’est pareil.

 

“Ok, cool, alors admettons, j’ai une idée ou deux là, tu m’as convaincu, je vais me lancer. Par où je commence concrètement ?”

Tu as vraiment envie que je me lance dans cette explication maintenant? Je ne crois pas.. On le sais tous les deux, cet article commence à atteindre la longueur maximale d’attention que je peux attendre de toi. Et en plus, c’est un sujet assez long, que je vais traiter en plusieurs articles. Donc reste dans le coin, ça arrive bientôt.

 

Merci de ton attention. Et je te dis à bientôt sur les bancs du succès 😉

 

Raph

Life-onaute assumé. "S'améliorer soi-même pour changer le monde". Oui, rien que ça.

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1 Commentaire sur "Agir agir agir"

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Dreampunk
Invité
Intéressant ! Je m’y retrouve aussi… J’aime beaucoup l’analogie à Dieu et ses espèces 😉 Et ça me fait aussi penser à ce que j’ai appelé, le théorème de Tim Burton. Un jour je suis allé à une expo de Tim Burton, où on pouvait voir ses différents projets, et surtout, ses idées qui n’ont soit pas abouti, soit sont passées inaperçu. Ce jour-là, j’ai encore plus pris conscience du fait que même les grands font (aussi) des trucs pas fou. Avant leurs succès ou même après. Et du coup, je rejoins le « agir, agir, agir », en suivant surtout ses… Read more »